Lettre ouverte au Premier Ministre

Le 5 mars 2010

Monsieur le Premier Ministre,

Votre venue en Bourgogne aurait pu être utile pour nos territoires si elle n’avait été aussi tardive et partisane.

Depuis plusieurs semaines maintenant nous assistons à un défilé de ministres de votre gouvernement dans notre Région. Qu’ils aient enfin trouvé la route menant en Bourgogne nous rassure, mais aujourd’hui l’urgence sociale et économique de notre pays commanderait qu’ils soient à leurs postes, à temps plein, sur les dossiers essentiels qui préoccupent les Français et les Bourguignons. Nous vous avons d’ailleurs alerté à plusieurs reprises par écrit sans jamais obtenir de réponses de vous ou de votre gouvernement.

Sur le dossier de l’emploi d’abord ! Face à une progression constante du chômage, qui atteint aujourd’hui près de 10 % de la population active, les déclarations d’intentions ne suffisent plus et les Français comme les Bourguignons attendent des réponses immédiates et concrètes ; un plan massif de relance, soutenant à la fois la consommation et l’investissement doit être en mis en place sans attendre.

Sur le dossier de la politique industrielle et des entreprises ! Les annonces tardives du président de la République, l’absence d’anticipation et de stratégie industrielle ont provoqué une régression et une désindustrialisation sans précédent dans notre pays. En Bourgogne, nous le constatons au quotidien, des entreprises comme Dim, Henkel, Ceric, Fulmen etc.., ainsi que de très nombreux sous-traitants automobiles ont été touchés de plein fouet par la crise. Face à un Etat démissionnaire, les collectivités locales que vous entendez démanteler, ont fait office de boucliers et de remparts pour amortir les chocs en soutenant massivement les entreprises et les PME.

Sur le dossier de l’agriculture ! Avec des charges en constantes augmentation, des courts à la baisse, des prix insuffisamment rémunérateurs, les agriculteurs ont le sentiment d’être abandonnés par votre gouvernement. Sans attendre il est nécessaire de redéfinir une véritable politique agricole remettant les agriculteurs au coeur du système économique, en créant de véritables outils d’intervention et de régulation des marchés agricoles en renforçant les circuits courts de production et de distribution pour permettre aux agriculteurs de vivre dignement. Une fois encore les collectivités locales ont été en première ligne pour accompagner les agriculteurs.

Sur le dossier de l’éducation et des services publics ! C’est sans doute les secteurs où vous avez commis la plus grande casse de l’histoire de notre pays. Avec plus de 50 000 postes d’enseignant supprimés et le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux vous avez engagé le plus grand plan social que la fonction publique n’ait jamais connu ! Que dire d’un gouvernement qui ne s’occupe plus de sa jeunesse et qui renonce aux promesses d’égalité de l’école de la République. Aujourd’hui pour la première fois en Bourgogne on ferme les écoles de la IIIème république Tous les services publics qui ont fait la grandeur de la France sont méthodiquement et systématiquement démantelés par votre gouvernement ; la Poste en est le dernier exemple en date.

Sur le dossier de la santé ! Dans les territoires ruraux comme dans les quartiers le désert médical progresse, l’accès aux soins n’est plus le même selon qu’on est riche ou pauvre, rural ou citadin. En décidant de fermer plus de 150 blocs chirurgicaux en France vous déstabilisez les hôpitaux de proximité et développez l’insécurité sanitaire dans des territoires entiers en Bourgogne comme à Chatillon-sur-Seine, Clamecy, Decize….

Monsieur le Premier ministre, depuis 3 ans maintenant l’Etat est aux abonnés absents en Bourgogne sur l’ensemble des dossiers stratégiques. Le plan de relance ambitieux que vous aviez annoncé en son temps n’a permis de ne rénover que quelques cathédrales en Bourgogne. Face à un Etat minimal, les collectivités locales que vous asphyxiez en leur transférant de nouvelles compétences sans en compenser les charges, travaillent au quotidien pour maintenir la solidarité entre les territoires, l’égalité des citoyens et préparer l’avenir.

Monsieur le Premier ministre, nous regrettons que votre déplacement ce jour en Bourgogne, comme ceux de vos ministres au cours de ces dernières semaines, ne revêtent qu’un caractère partisan. Nous savons que les Bourguignons ne se laisseront pas prendre à ce jeu de dupes, qu’ils sauront les 14 mars et 21 mars prochains sanctionner la politique injuste que vous conduisez et qu’incarnent dans notre Région François Sauvadet et ses colistiers.

François PATRIAT

Christian PAUL

Philippe BAUMEL

Guy FEREZ


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