DROIT DE SUITE CONTRE LE DEVOIR DE RESERVE, OU PONCE PILATE RUE DE VALOIS

Le 12 novembre 2009

Déclaration en réaction aux propos du ministre de la Culture ce matin sur France-Inter.

Nous avons envie de laisser Marie NDiaye en paix, pour qu’elle continue à écrire de si beaux textes, à Berlin, à Paris ou ailleurs, là où l’écrivain peut passer ou se poser, librement. Son attitude très digne, ferme et sereine face à l’intimidation d’un député l’assignant à un grotesque devoir de réserve appartient d’ores et déjà à l’anthologie des résistances bien assumées.

Pour autant, faut-il accepter la réponse d’un ministre de la Culture descendu aux abris ? En prenant la posture de Ponce Pilate, Frédéric Mitterrand n’est pas à la hauteur de sa mission. Plus prompt à d’autres moments à s’ériger en défenseur des artistes, il n’avait au fond qu’une phrase à prononcer : la liberté d’expression est sacrée.

Le rempart contre l’intimidation ne viendra donc pas de la rue de Valois. Pour les écrivains, les poètes ou les philosophes, on sait désormais qu’en France, une police des Lettres, ouverte ou insidieuse, s’installe tranquillement, au Parlement et ailleurs. Ce n’est pas la France que nous voulons.

Christian PAUL Député de la Nièvre


Laboratoire des Idées Assemblée nationale Conseil Général de la Nièvre Parc naturel régional du Morvan Conseil régional de Bourgogne Culture Numérique Parti Socialiste La 27ème région