Après l’annonce de la prochaine suppression de près de 200 blocs opératoires dans les hôpitaux français j’ai proposé aux parlementaires d’engager une démarche commune en adressant un courrier au Président de la République. Vous trouverez ci-joint le courrier que j’ai adressé aux parlementaires ainsi que la Lettre au Président de la République que je leur propose de signer.
Chers collègues,
L’annonce brutale de la suppression de près de 200 blocs opératoires dans les hôpitaux français s’inscrit dans une politique de restructuration aveugle et dangereuse.
Il est de notre devoir de dénoncer cette méthode qui fait l’impasse d’une discussion de fond avec les nouvelles ARS sur les meilleures organisations locales et les complémentarités entre établissements.
Le choix de seuils d’activité minimale nie toute évaluation de la qualité réelle des équipes et des soins.
Il m’apparait nécessaire de saisir en urgence le président de la République. C’est notre devoir d’alerte !
Je te remercie de bien vouloir prendre connaissance de cette lettre, et de m’indiquer par retour de courrier électronique si tu souhaites la signer. Cette démarche s’adresse aux parlementaires les plus directement concernés, mais aussi à tous ceux qui voudront par solidarité se joindre à cette démarche.
Amicalement,
Christian PAUL
LETTRE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
Monsieur le Président de la République,
La politique de restructuration hospitalière conduite depuis 2007 dans notre pays inquiète vivement nos concitoyens, tant elle est brutale, mal expliquée et profondément contestable. Nous souhaitons vous alerter sur les conséquences des choix récemment annoncés, et plus particulièrement sur les suppressions annoncées de près de 200 services de chirurgies dans les hôpitaux de proximité.
La méthode utilisée est inacceptable, et prépare des décisions lourdes de dangers.
En se contentant de fixer des seuls minimaux d’activité (15OO actes opératoires pour les blocs chirurgicaux), le gouvernement renonce à une évaluation objective et sincère de la qualité réelle des services rendus par les équipes locales. A ce jour, nous ignorons tout des dérogations possibles pour les hôpitaux de proximité et la situation des établissements qui pratiquent en lien avec leur site pivot une chirurgie programmée reste incertaine.
Comment justifier une approche aussi aveugle et technocratique qui néglige l’expérience des praticiens, le nombre d’actes qu’ils pratiquent, parfois sur plusieurs sites, le bilan de l’hôpital pour l’ensemble des critères de qualité et de sécurité (qui ne se limitent pas au nombre d’actes !) et les contraintes de la géographie ?
Nous défendons, face aux restructurations brutales ainsi engagées, une modernisation négociée, recherchant l’égalité d’accès aux soins et une meilleure sécurité des plateaux techniques.
Nous n’ignorons ni la situation de la démographie médicale, insuffisamment traitée, ni les évolutions actuelles des disciplines médicales vers plus de spécialisation technique.
Pour atteindre ces objectifs, nous savons combien sont nécessaires les actions en réseau, les coopérations interhospitalières, les solutions innovantes et expérimentales. Elles sont nécessaires pour réussir à conjuguer la sécurité sanitaire et le maintien d’un maillage satisfaisant. C’est là que devrait porter l’effort du gouvernement.
En France, le désert médical s’étend, en ville comme à la campagne. Le système hospitalier en est directement victime. Le nombre insuffisant des médecins formés dans de nombreuses disciplines, le manque de régulations des installations et des affectations conduit à un sinistre national. La réponse par la concentration, accélérée ces dernières années, ne règle pas ces problèmes graves. Souvent, elle les aggrave ; car le maillage actuel permettait que les praticiens des hôpitaux de proximité et les médecins généralistes et spécialistes puissent s’épauler, et sécuriser des territoires éloigné des grandes agglomérations. La résignation qui s’installe aujourd’hui et qui conduit à de mauvaises décisions est profondément choquante.
Nous dénonçons cette déstabilisation du système hospitalier français. Nous demandons que des solutions rationnelles soient recherchées à l’échelle régionale, par les nouveaux directeurs d’ARS dont ce devait être le rôle. A quoi serviront les Agences régionales de santé, quelle sera leur crédibilité, si elles ne peuvent apprécier les situations concrètes, en particulier au regard des exigences de sécurité ?
Nous vous demandons d’interrompre ce processus de suppressions piloté d’une manière archaïque et incompréhensible par les Français, qui remet en cause le droit pour tous à l’accès à des soins de qualité. Nous ne défendons pas l’indéfendable : nous demandons une politique respectueuse des professionnels et de leur engagement, comme des malades et de leur choix d’être soignés, chaque fois que cela est possible, dans la proximité de leurs familles.
Nous vous prions d’accepter, Monsieur le Président, l’assurance de notre haute considération.
Signatures des parlementaires : Michèle André, Sénatrice du Puy de Dôme Bernard Auban, Sénateur de Haute Garonne Claude Bartolone, Député de Seine Saint Denis Jean Louis Bianco, Député des Alpes Maritimes Daniel Boisserie, Député de la Haute-Vienne Danielle Bousquet, Députée des Côtes d’Armor Claire Lise Campion, Sénatrice de l’Essonne Jean Paul Chanteguet, Député de l’Indre Christiane Demontes, Sénatrice du Rhône Jean-P ierre Demerliat, Sénateur de la Haute-Vienne, Jean Desessard, Sénateur de Paris Tony Dreyfus, Député de Paris Jean-Pierre Dufau, Député des Landes Jean-Paul Dupré, Député de l’Aude Josette Durieu, Sénatrice des Hautes Pyrenées Pierre Forgues, Député des Hautes Pyrenées, Jean-Claude Frécon, Sénateur de la Loire Geneviève Gaillard, Députée des Deux-Sèvres Joël Giraud, Député des Hautes Alpes Jean Glavany, Député des Hautes Pyrenées Gaetan Gorce, Député de la Nièvre Jean Noël Guerini, Sénateur des Bouches du Rhône David Habib, Député des Pyrenées Atlantiques Jean-Louis Idiart, Député de Haute Garonne Françoise Imbert, Députée de Haute-Garonne Jean Launay, Député du Lot Jérôme Lambert, Député de Charente Marilyse Lebranchu, Député du Finistère Gilbert Lebris, Député du Finistère François Loncle, Député de l’Eure Kleber Mesquida, Député de l’Hérault Louis-Joseph Manscour, Député de la Martinique Frédérique Massat, Députée de l’Ariège Jean Michel, Député du Puy-de-Dôme Henri Nayrou, Député de l’Ariège Alain Néri, Député du Puy-de-Dôme Christian Paul, Député de la Nièvre Germinal Peiro, Député de la Dordogne Marie-Françoise Perol-Dumont,Députée de Haute Vienne Bernard Piras, Sénateur de la Drôme René-Pierre Signé, Sénateur de la Nièvre Jean-Pierre Sueur, Sénateur du Loiret Christiane Taubira, Députée de Guyane Marisol Touraine, Députée de l’Indre et Loire Robert Tropeano, Sénateur de l’Hérault André Vantomme, Sénateur de l’Oise André Vezinhet, Député de l’Hérault
Les premiers engagements Christian PAUL rejoint le Parti socialiste dès septembre 1978, « (...)