Discours de Christian PAUL prononcé à l’occasion de la réunion publique organisée samedi 24 octobre a Pouilly-en-Auxois avec les militants socialistes de Bourgogne.
En 2004, nous avons conquis cette région avec vous. Nous l’avons prise à la droite la plus traditionnelle alliée à l’extrême-droite la plus détestable.
Pendant six ans :
nous avons tenu nos engagements, c’est essentiel en politique.
nous avons remis à niveau la Bourgogne, rattrapé le temps perdu.
nous avons mis en œuvre concrètement, et non pas dans les discours, les valeurs de gauche
nous avons exploré de nouveaux domaines, que réclame notre région, une grande région d’Europe, qui ne peut se contenter d’être fière de son histoire, mais qui exige qu’on lui parle d’avenir, de sa place demain, entre l’Ile-de-France et Rhône-Alpes.
La Bourgogne en soi, c’est un défi, comment ne pas mourir écartelée, et nous avons répondu à ce défi.
La Bourgogne a progressé. Nous vous rendons compte sans rougir. Mais ce qui nous attend est plus difficile, et donc plus enthousiasmant encore.
Voilà ce qui doit motiver notre engagement
Ce sera plus difficile, car la droite veut reprendre les régions de France, le maximum, plus si possible.
Elle veut les étrangler, par la contre-réforme des collectivités locales, pour les reconquérir ensuite.
Je parle de la droite de Paris, celle du clan qui a déjà tout, qui a confisqué la démocratie, verrouillé les médias, qui se bat pied à pied pour contrôler les pompes à fric ou les grandes entreprises publiques.
Regardez qui voulait présider la Défense, regardez qui va présider EDF ?
La droite bourguignonne rêve de revanche, bien au chaud à Beaune ou à Vitteaux. Mais elle n’est pas au rendez-vous, car elle craint de payer cash l’addition des erreurs et des errements de Nicolas Sarkozy.
Ils sont où, les sarkosystes ? La droite bourguignonne se terre aux abris, elle est aux abonnés absents, elle ne fait pas campagne, elle coupe les rubans mais redoute la colère du peuple.
Pourtant, l’essentiel de notre engagement est ailleurs. Car les Bourguignons se demandent et nous demandent si cette région saura résister à la crise.
Nous devons apporter, non pas seulement un bilan, mais un projet. Pour la Bourgogne, nous devons regarder plus loin, plus haut.
Parce que la crise est là, parce qu’il faut des réponses d’urgence sans cesser un instant de réfléchir au futur.
Nous devons sans relâche réparer les dégâts de la crise. Nous devons aussi préparer le monde qui vient, inventer un nouveau modèle pour une nouvelle vie en Bourgogne.
Si nous n’avions pas cette volonté, cette vision, à quoi servirait la politique ? Si nous n’étions que les gestionnaires résignés d’un déclin programmé, à quoi servirait votre présence à nos côtes, l’énergie des militants et des élus socialistes de Bourgogne, de ceux qui pendant ces longues semaines vont mener cette campagne.
Cette nouvelle Bourgogne sera plus forte, elle pourra sortir plus forte de la crise à plusieurs conditions :
d’abord plus d’égalité entre les territoires, pour les familles qui y vivent.
L’égalité, ça se gagne dans les lycées, les établissements de formation professionnelle, où nous devons aller vers une gratuité complète des formations générales et professionnelles, et une qualité égale et bien répartie.
Ça se gagne tous les jours dans les trains du matin, et je défends l’idée d’une carte orange régionale, réduisant le coût des déplacements quotidiens (avec la participation des entreprises)
Ça se gagne quand on cesse d’opposer les villes et les campagnes, ou d’opposer Dijon et les autres villes de Bourgogne.
Ça se gagne quand l’Université se déploie pour rendre l’accès à l’enseignement supérieur plus facile aux enfants des familles modestes.
Ça se gagne quand on défend les hôpitaux de proximité, quand on refuse les déserts médicaux en construisant des maisons de santé dans nos pays ruraux.
Ça se gagne en réussissant les réseaux numériques à haut débit, mais aussi en engageant la couverture de la Bourgogne en réseaux à très haut débit.
Plus d’égalité, ce sera notre mission pour une Bourgogne plus forte et qui ne supporte pas l’injustice.
ensuite, plus d’emplois qui durent, qui ne soient pas délocalisables.
Les emplois dans des filières traditionnelles que la crise menace : nous devons aider la formation, la recherche et l’innovation que le gouvernement laisse à l’abandon.
Les nouveaux emplois que notre société réclame : je plaide pour un plan massif de formation pour ces emplois liés à la croissance verte : la production et les installations liées aux énergies renouvelables, à l’isolation, aux déchets ou aux dépollutions, aux infrastructures et aux matériels pour les transports électriques, ou encore à une meilleure gestion de l’eau.
Enfin, revendiquons aussi pour la Bourgogne un modèle de vie plus humain, où l’argent ne fait pas tout, où la finance ne passe pas avant l’économie réelle.
Notre conversion écologique n’est plus à faire. Mais l’écologie, ça marchera si on sait penser global. Si on sait parler à tous les citoyens des menaces pour la vie quotidienne et pour la planète, et non pas à une minorité initiée.
Si on sait éviter que les plus modestes soient invités à payer pour les désordres écologiques provoqués par les excès du productivisme et le laisser-faire du capitalisme.
Ce modèle là, nous le voulons pour la France, commençons à le défendre en Bourgogne.
Avec une économie plus solidaire, avec une agriculture qui renonce à polluer, avec des villes moins brutales, moins fracturés, parce que nous aurons su ne pas reproduire les ghettos, comme on le fait depuis 40 ans, avec des villages moins isolés, car nous aurons su les connecter au monde.
Nous vivons dans une région à l’échelle humaine, avec ses associations, ses savoir-faire, son patrimoine (nous allons sauver les canaux de Bourgogne), une région avec sa jeunesse, ses artistes qui nous font avancer.
L’enjeu, c’est d’éviter les routines, les solutions toutes faites, et les décisions qui viennent d’en haut et qui écrasent les initiatives.
Pour cette campagne régionale, nous avons besoin de vos idées, de votre imagination, de votre participation et de votre refus des injustices. Avec tout ça, j’en suis sûr, nous fêterons en 2010, non seulement le 1100ème anniversaire de Cluny –nous n’en avons pas le monopole-, mais aussi une belle victoire de nos idées, qui peut en préparer une autre en 2012.
C’est ici et maintenant que tout commence.
Les premiers engagements Christian PAUL rejoint le Parti socialiste dès septembre 1978, « (...)