Le député de la 3ème circonscription de la Nièvre, vice-président du Conseil régional, Christian PAUL dénonce « une grande négligence politique » en matière d’agriculture en ce jour de manifestation à Dijon. Propos recueillis par Céline Chouard. Interview paru dans l’édition du vendredi 16 octobre du journal du centre.
Avez-vous vu venir la crise agricole ?
Oui et elle n’est pas nouvelle. Le lait a servi de détonateur. Aucune solution durable n’apparaît dans les négociations. Il n’y a aucune réponse politique à cette crise. Les regards se sont détournés des campagnes.
Quelle est sa nature ?
C’est une crise structurelle qui touche le lait, les céréales, la viande. Aujourd’hui, les agriculteurs n’équilibrent plus leurs budgets, malgré les aides, même en baisse. Entre hausse des charges et baisse des cours, ils ne s’en sortent plus.
Quelles peuvent être les réponses ?
Il faut un plan d’urgence pour les filières en cessation de paiement ou d’activités, soit entre 300 millions et 400 millions d’euros. Mais il faut surtout changer de système. Il faut rebâtir un système européen pour éviter la prise en otage par le système mondial. Le système d’aides et de régulations est a bout de souffle.
Concrètement ?
Plusieurs parlementaires dont je suis ont lancé un appel à l’organisation d’un Grenelle de l’Agriculture. On a poussé à l’agrandissement et on n’a pas encouragé à faire de la valeur ajoutée. Il faut reconsolider les interventions publiques et soutenir l’investissement.
L’agriculture française a-t-elle un avenir ?
Elle a un avenir si on est capable de changer de système. Le premier choc agricole a eu lieu dans les années 1960 et a provoqué l’exode rural. Il faut construire une nouvelle politique agricole et environnementale commune. Les lycées agricoles sont pleins de jeunes et les gens n’ont jamais été aussi bien formés. L’agriculture, c’est la nourriture de la planète. Ce n’est pas une marchandise comme les autres. On peut parler, là, d’exception agricole comme on parle d’exception culturelle. Le gouvernement est à la veille de gérer une crise agricole exceptionnelle !
Les premiers engagements Christian PAUL rejoint le Parti socialiste dès septembre 1978, « (...)